A la rencontre de la coopérative de cyclo-logistique OLVO

Melanie Logistique urbaine Leave a Comment

Le 17 Juin dernier, Raphaël et Jean-Baptiste ont eu le grand plaisir de rencontrer la coopérative de cyclo-logistique Olvo, dont on a beaucoup entendu parler ces dernières semaines d’abord pour leur offre de services auprès d’Ikea, puis parce qu’ils ont été lauréats des Prix de l’innovation urbaine du journal Le Monde dans la catégorie mobilités.

 

L’occasion de se pencher sur la manière dont travaille cette entreprise, et plus généralement sur le phénomène de la cyclo-logistique.

 

10 ans de fret à vélo dans nos villes

Le sujet de la cyclo-logistique nous tient particulièrement à cœur chez Interface Transport. Pour des raisons personnelles (toute l’équipe se déplace en vélo, y compris pour nos déplacements professionnels, notre dernière journée d’équipe était consacrée à la petite reine et celle qui écrit ces lignes a naguère contribué au développement d’une start-up de livraisons en modes doux…), mais aussi parce que l’essor que prend cette nouvelle manière de faire de la distribution du dernier kilomètre en dit long sur les mutations profondes du secteur.

Le bon véhicule au bon endroit au bon moment

Que l’on s’entende bien dès les premières lignes, TOUT NE PEUT PAS ETRE FAIT EN VELO OU EN TRIPORTEUR. Il ne s’agit pas ici de présenter le recours à la cyclo-logistique comme le remède à toutes les problématiques liées à la mobilité des marchandises. Mais bien d’en faire ressortir les atouts différenciants et les avantages associés.

Une fois énoncé le triptyque magique, « le bon véhicule au bon endroit au bon moment », nous pouvons nous concentrer sereinement et sans craintes d’incompréhension sur ce phénomène dont les médias aiment tant parler…

Emergence de la cyclo-logistique

La cyclo-logistique a mis de nombreuses années à se positionner sur le marché de la distribution urbaine comme un nouveau segment d’activité à part entière et à même de faire l’objet d’une structuration entrepreneuriale au niveau national. Le marché est passé d’entreprises probablement trop en avance sur leur temps pour convaincre des acheteurs de basculer sur ce nouveau modèle à une multitude d’auto-entrepreneurs plutôt positionnés sur un modèle artisanal où l’enjeu était de pouvoir assurer son poste de travail.

Tous ces acteurs étaient alors profondément mus par l’envie de faire différemment, « d’œuvrer pour la planète » et d’offrir des jobs avec du sens tout en offrant un haut niveau de service. Autant de choses pour lesquelles les gros faiseurs (notamment expressistes) n’étaient à l’époque pas prêts à payer allant jusqu’à contraindre ces entreprises d’un nouveau genre à habiller leurs triporteurs aux couleurs de l’entreprise… gratuitement.

 

Bien plus récemment, on pense à l’utilisation abusive du statut d’auto-entrepreneur des start-up de livraison à domicile pour ubériser jusqu’à l’excès ce marché (écouter le podcast les pieds sur terre ici).

 

La cyclo-logistique en pleine structuration

 

Mais nous voilà aujourd’hui à la croisée des chemins avec une entreprise telle qu’Olvo (mais il en existe beaucoup d’autres en France et en ailleurs : voir notre post instagram sur le sujet) qui propose de la livraison du dernier kilomètre en vélos classiques mais aussi triporteurs.

 

Aujourd’hui, les entreprises se structurent, s’équipent en vélos de plus en plus performants et la récente création du collectif « les boîtes à vélo » montre bien la volonté de ces entreprises de créer une voix collective autour de ce « plus si nouveau » métier.

 

La logistique urbaine adopte le vélo

De fait, il s’agit d’une activité qui a trouvé sa place dans le paysage de la logistique urbaine. Les opérateurs « traditionnels » voient un intérêt manifeste à recourir à ce genre d’outils. C’est, par exemple, le parti pris de DB Schenker. Ce dernier confie une partie de ses stops de centre-ville à des sociétés exploitant des triporteurs. Il y a encore 10 ans, ce type de pratiques aurait semblé impensable.

 

Artisans, activités de déménagement, livraisons vertueuses de repas (coucou les lyonnais Traboulotte), ostéopathes, réparation de vélos (ou de voitures !)… les facettes de la cyclo-logistique sont multiples et offrent bien souvent réactivité et haut niveau de service.

 

L’exemple en vrai à travers une tournée embarquée de Jean-Baptiste aux côtés d’Olvo.

 

 

Olvo, au cœur de la logistique urbaine

Une entreprise de cyclo-logistique née il y a 3,5 ans

Olvo est une société de livraison de fret à vélo. Elle a été créée par Leeroyd Levi et Lucille Mercier, à la fin de l’année 2015. Après quelques mois passés à accompagner Deliveroo pour ses premières livraisons parisiennes, ils investissent 1700 € dans un premier vélo-cargo et se lancent à leur compte.

Aujourd’hui à la tête d’une entreprise comptant 18 salariés et quelques auto-entrepreneurs à temps partiel, ils proposent des livraisons dans tout Paris, la Défense et les communes limitrophes, pour le compte de clients aussi divers que Pampa (fleurs), Tediber (matelas), Delicorner (caisse de fruits frais), Gallia (bières)…

 

La force d’Olvo est celle d’une entreprise qui a su investir les champs du développement durable tant d’un point de vue social qu’environnemental en y combinant un équilibre économique dès le démarrage de l’activité.

 

Un travail majoritairement avec des clients directs

Olvo a son propre portefeuille de clients. L’entreprise travaille très peu en sous-traitance pour des gros donneurs d’ordre. Qu’il s’agisse de grands noms de la cyclo-logistique comme Deliveroo, ou d’autres acteurs de la sphère logistique urbaine.

Le relationnel client n’est pas une expression en l’air. Olvo a suivi de près le développement de leur partenaire Pampa, en particulier sa recherche de nouveaux locaux. Ils sont aujourd’hui installés près de leur agence, ce qui facilite grandement l’organisation logistique. Les livreurs peuvent récupérer les fleurs à livrer à pied avant de partir pour réaliser les derniers kilomètres en vélo.

 

 

Une attention permanente à la dimension sociale

Tous les livreurs salariés bénéficient d’avantages comme une indemnité leur permettant de s’équiper pour la pratique du vélo, la mise à disposition du casque et du U (antivol pour les novices), le repas de midi et le café, ou encore la mutuelle prise en charge à 100%.

Pour lisser les pics d’activité, l’entreprise fait parfois appel à des renforts extérieurs. Plusieurs renforts ont des habitudes de travail avec Olvo. L’équipe peut alors dépasser les 20 cyclistes.

 

Le vélo, outil de cœur

L’ensemble des salariés sont des amateurs de vélo. Ils ont trouvé chez Olvo l’opportunité d’intégrer leur pratique à leur vie professionnelle. De fait, tous les salariés peuvent être amenés à rouler même s’il existe une organisation interne qui identifie plusieurs postes à des fonctions supports :

  • 1 gérant et 1 cogérant,
  • 1 responsable d’exploitation,
  • 2 personnes au dispatch,
  • 1 à la préparation de commandes,
  • 1 personne s’occupe spécifiquement de la maintenance du matériel pour 25% de son temps.

 

L’entreprise dispose aujourd’hui de 18 vélos-cargos, dont 8 à assistance électrique. Leur aménagement permet d’accueillir deux contenants à l’avant au format demi-palette (60×80). L’entreprise s’est même lancée dans la conception et la fabrication de ses propres contenants, à partir de panneaux de chantiers.

 

La cyclo-logistique par ses salariés au service d’un dernier kilomètre performant

L’entreprise a un fonctionnement économiquement équilibré, et ce depuis le démarrage. En dehors de sa mise de fond de départ, elle a toujours pu financer ses investissements avec son activité. A l’heure actuelle, deux sujets sont sur la table :

  • La mutation en SCOP (société coopérative et participative), prévue pour cette année. Avec 11 de ses 18 salariés, la direction d’Olvo a tenu à évoluer vers cette forme d’entreprise qui appartient à ses salariés. L’objectif étant de renforcer encore leur implication et de partager des valeurs de l’entreprise avec eux.
  • A moyen terme, un déménagement ? Avec son volume d’activité actuel, l’entreprise sature l’espace qu’elle occupe. Si une croissance de l’activité n’est pas tant la priorité que la stabilisation du fonctionnement et la réussite du passage en SCOP, la question se posera certainement un jour ou l’autre.

Et le Code de la Route ?

Difficile de le nier : les cyclistes, quels qu’ils soient, ont parfois tendance à prendre des libertés avec le Code de la Route. Un sujet qu’on ne peut pas passer sous silence quand on s’adresse à des professionnels de la cyclo-logistique comme Olvo, et qui de leur aveu-même est délicat.

Les livreurs ont des consignes très claires : ils ne doivent pas enfreindre les règles du Code de la Route, et ont une obligation de respect vis-à-vis des autres usagers de la voirie. Par ailleurs, si les salariés sont libres quant au choix de leur tenue, un casque leur est mis à disposition. Si son port n’est pas obligatoire, l’observation montre que la majorité des livreurs l’utilisent.

 

Une fois ce contexte posé, le cycliste reste seul derrière son guidon. La courtoisie avec les autres usagers paraît parfaitement intégrée, le Code de la Route quant à lui sert parfois de variable d’ajustement pour répondre aux différentes contraintes que subit le livreur… comme cela dit dans d’autres métiers urbains de la livraison que l’on connaît par ailleurs !

 

A suivre : La première tournée embarquée d’Interface Transport à la suite d’un coursier en vélo cargo…

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