Audit énergétique

Mon audit énergétique transport: pour quoi faire ?

Antoine Transport et environnement Leave a Comment

Qu’est-ce qu’un audit énergétique : qui ? quoi ? comment ?

Depuis le 5 décembre 2015, les « grandes » entreprises ont l’obligation de réaliser des audits de leurs consommations énergétiques. Ceux-ci ont pour but de réaliser un état des lieux de la performance énergétique de l’entreprise et d’établir un plan d’actions pour l’optimiser. Il doit porter sur 80% au moins des dépenses liées aux consommations énergétiques des bâtiments, des process industriels et du transport de l’entreprise.

 

Les entreprises visées sont celles comprenant plus de 250 salariés ou dont le chiffre d’affaires et le total de bilan dépassent un certain seuil (50M et 43M d’€ respectivement) depuis au moins 2 exercices comptables consécutifs. Dans quelques cas l’entreprise peut être exemptée de réaliser un audit, par exemple si elle justifie d’être certifiée ISO 50 001 sur ses activités.

Audit énergétique

Qu’en pensent les entreprises auditées ?

Dans son bilan réalisé en 2017 sur la première vague d’audits réalisés, l’ADEME, en charge par le Ministère de superviser ces audits, a recueilli via une enquête l’avis des audités sur leurs motivations à s’engager dans la démarche. La mise en conformité réglementaire s’est largement distinguée comme principale motivation, citée par 94% des répondants.

 

Alors que les 5 000[1] entreprises de plus de 250 salariés ont mis à jour le premier audit réalisé (celui-ci étant valable 4 ans) ou s’apprêtent à le faire, nous avons voulu mettre en avant, au-delà de l’obligation réglementaire, les nombreuses manières de valoriser les résultats d’un audit et les retours sur investissement que les entreprises auditées peuvent en tirer.

 

Nous nous pencherons dans cet article uniquement sur le volet « transport », qui est notre domaine d’expertise, mais certains éléments ici évoqués sont sans doute transposables aux audits portant sur les bâtiments et process industriels.

 

5 (bonnes) raisons de réaliser son audit énergétique transport

Raison #1 – Connaître ses consommations et apprendre à les suivre

Le travail et les résultats de l’audit peuvent permettre de mettre en lumière des coûts restés jusque-là opaques ou méconnus pour l’entreprise auditée.

 

Pour les entreprises dont le transport n’est pas le cœur de métier, les consommations énergétiques se cantonnent généralement aux déplacements de ses employés, en véhicules de service ou de fonction. Justement parce qu’il ne s’agit pas du cœur d’activités, les données permettant de suivre cette flotte ne sont souvent pas remontées, ou elles sont contenues dans divers fichiers (excel, pdf…) inexploités.

 

Sur ce point l’audit énergétique est l’occasion de réaliser un travail de collecte par l’entreprise puis de consolidation par l’auditeur des sources de données existantes dans une base unique. Cette base intègre a minima l’état du parc (immatriculations, années de mise en circulation, marques, énergies utilisées), les kilomètres parcourus et les consommations annuelles des véhicules.

 

Cette étape est d’ailleurs celle d’un travail de diagnostic « classique » réalisé dans le cadre de prestations d’audits de flotte proposées par ailleurs par Interface Transport (voir l’une de nos études de cas :  audit de la flotte de Bordeaux Métropole)

 

L’auditeur se charge également de formaliser des indicateurs (kms/an et L/100km, par exemple) et d’en mesurer les moyennes et écarts-types à l’échelle du parc, permettant à l’entreprise d’apporter un regard critique sur la consommation de sa flotte. Certains leviers d’actions et dysfonctionnements, sources de coûts, peuvent ainsi être facilement identifiés : parc ancien générant des coûts de maintenance importants, véhicule surconsommant par rapport à la moyenne du parc, ou au contraire, véhicule sous-utilisé, parcours permettant de justifier économiquement un recours à une énergie alternative environnementalement et économiquement avantageuse…

 

Par ailleurs, l’auditeur doit fournir à l’entreprise dans son rapport les clés pour alimenter la base de données unique constituée et pour exploiter les indicateurs produits, et ce pour permettre à l’entreprise d’être autonome à l’issue de l’audit pour connaître et suivre sa flotte dans le temps.

 

A noter enfin que ce suivi est d’autant plus intéressant pour les entreprises qui commencent à accumuler plusieurs réalisations d’audits puisqu’elles peuvent mesurer l’évolution de leur performance énergétique sur la base des indicateurs produits, identiques d’un audit à l’autre.

 

base de données audit

Figure 1 : Extrait d’une base de données d’état du parc compilée par Interface Transport dans le cadre d’un audit de flotte

 

Raison #2 – Disposer d’un plan d’actions personnalisé et diversifié

Le plan d’actions rédigé dans le rapport d’audit peut comporter un large panel de recommandations pour l’entreprise, lui laissant une marge d’actions importante. Ces actions sont personnalisées et adaptées à son activité.

 

Le type d’actions susceptibles d’émerger peuvent se répartir suivant les axes ci-après :

  • Améliorer et fiabiliser le suivi des véhicules: « faire vivre » et suivre la base de données unique constituée grâce à l’audit, mettre en place un système d’alertes sur les kilométrages et consommations anormales…
  • Revoir l’organisation du transport: questionner les organisations très génératrices de kilomètres, optimiser les parcours…
  • Adapter le matériel et équipements sur la gamme de véhicules achetés
  • Mettre en place ou renforcer ses politiques de gestion de flotte : renouvellement, recours à des énergies alternatives, maintenance / entretien, …
  • Améliorer ponctuellement et individuellement les comportements: mettre en place des processus d’entretien et de contrôle des véhicules, systématiser des formations à l’éco-conduite, favoriser le partage des bonnes pratiques…

 

audit énergétique

Figure 2 : Exemple de plan d’actions et outil de suivi construits par Interface Transport dans le cadre d’un audit de flotte

 

Raison #3 – Des gains économiques à la clé

Le plan d’actions de l’audit doit être chiffré par l’auditeur, à la fois sur les coûts de mise en œuvre des recommandations mais aussi sur les gains attendus et le ROI escompté. Les actions doivent se répartir sur des ROIs à court, moyen et long terme.

 

Or, bien qu’elles soient parfois masquées, les consommations énergétiques liées au transport peuvent peser dans les bilans des entreprises.

 

Selon le bilan 2017 de l’ADEME, 36% des entreprises auditées ont intégré le transport au champ de l’audit. Si certaines l’ont fait essentiellement pour dépasser le seuil de 80% leurs dépenses énergétiques (périmètre minimal sur lequel doit porter l’audit), ce chiffre indique toutefois une tendance : le transport est susceptible de peser de façon significative dans les dépenses énergétiques des grandes entreprises. Le potentiel de gains à aller chercher grâce aux recommandations de l’audit est donc important.

 

Autre chiffre éclairant, le coût total de possession (« total cost of ownership (TCO) » en anglais = incluant l’ensemble des coûts liés à un véhicule : achat / location, carburant, maintenance…) moyen d’un véhicule diesel en France s’élève à 475[2] euros / mois. La consommation de carburant, première cible de l’audit, pèse pour environ 15% de ce montant. Sachant que l’audit porte sur un spectre de composantes du véhicule plus large encore (gestion des pneus, politique de maintenance, politique d’achat et de renouvellement…), les recommandations de l’audit peuvent permettre aux entreprises de fortement optimiser leur TCO.

 

véhicule électrique

Crédit photo @Kosmoss

 

A noter par ailleurs que pour limiter les investissements nécessaires à la mise en œuvre des actions par les entreprises auditées, des financements peuvent être mobilisés grâce aux Certificats d’Economies d’Energie[3], délivrés par l’Etat justement pour soutenir des actions « à caractère énergétique ».

 

Raison#4 – Pouvoir (bientôt) se comparer à d’autres entreprises

L’ADEME a été mandatée par le Ministère en charge de l’énergie pour mettre à disposition une plateforme de recueil des audits réalisés. Le bilan 2017 mentionné précédemment est issu d’une première compilation des résultats effectuée par l’ADEME.

 

Si ce bilan reste encore essentiellement « statistique » (nombre et types d’audits réalisés…) et qualitatif (difficultés rencontrées…), l’ADEME envisage pour son prochain bilan (2021) d’aller plus loin en fournissant des indicateurs plus détaillés sur l’ensemble des entreprises auditées comme les postes de consommation recensés, les préconisations formulées, les niveaux de consommations d’énergie relevés… et ces informations compilées par secteur d’activité.

 

Les entreprises auditées pourront ainsi profiter de leurs résultats pour se comparer aux entreprises de leur secteur.

 

Nature des activités des entreprises déclarées sur la plateforme de l’Ademe (Bilan 2017)

 

Raison #5 – C’est rapide à réaliser…

La réalisation d’un audit énergétique est encadré par plusieurs normes (NF EN 16247-1 et NF EN 16247- 4 pour le transport), qui permettent elles-mêmes d’encadrer strictement les étapes et la durée de réalisation de l’audit (et donc son coût pour l’entreprise).

 

L’entreprise auditée doit essentiellement dédier du temps aux étapes suivantes :

  • Echange préliminaire avec l’auditeur pour cadrer le contexte et le besoin
  • Réunion de lancement, combinée à une visite du site et des véhicules
  • Collecte et transmission à l’auditeur des données nécessaires
  • Réunion de restitution des résultats

 

Les auditeurs peuvent se charger pour le compte de l’entreprise de déposer sur la plateforme de l’ADEME le rapport d’audit une fois celui-ci finalisé.

 

Le temps global et donc le coût de l’audit énergétique dépendent surtout de la qualité des données disponibles au sein de l’entreprise, mais globalement il faut compter (pour le volet « transport ») une poignée d’heures pour l’entreprise et quelques jours d’auditeur (qui peut être interne ou externe).

 

Bien entendu, du temps supplémentaire doit être dédié ensuite par l’entreprise pour valoriser les résultats et le plan d’actions de l’audit, et pouvoir donner du sens aux raisons évoquées….

 

En conclusion

Les motivations pour réaliser ces audits énergétiques sont à considérer au cas par cas, suivant les activités et besoins des entreprises : une entreprise de transport n’attend évidemment pas la réalisation d’un audit énergétique pour suivre et optimiser les coûts énergétiques de sa flotte.

 

Mais pour une entreprise dont le transport n’est pas le cœur de métier, connaître ses coûts et les marges de manœuvre à sa disposition pour réduire la consommation énergétique de son transport peut générer, si les résultats de l’audit sont exploités, des gains économiques directs.

 

Profitons alors de la mise en conformité réglementaire !

« Interface Transport est titulaire de la qualification 0607 de l’OPQIBI pour la réalisation des audits énergétiques transport »

OPQIBI

Pour connaître nos références sur le sujet, n’hésitez pas à nous contacter !

 

[1] Source : Bilan 2017 sur les audits énergétiques grandes entreprises (ADEME)

[2] Source : Baromètre de LeasePlan

[3] Source/pour en savoir plus sur les Certificats économie d’Energie

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